Avoir peur est un sentiment tout à fait normal. A tous les âges, mais en particulier au cours de l’enfance. Car les petits traversent diverses phases de développement qui les exposent à des craintes naturelles et nouvelles. Mais lorsque la peur s’installe de façon pérenne et impacte fortement le bien être de l’enfant, il s’agit peut-être de troubles anxieux. Des pathologies qui doivent être prises en charge par un psychiatre.

Sous-diagnostiqués, les troubles anxieux touchent pourtant de nombreux enfants et adolescents. Et lorsqu’il est posé, le diagnostic reste très tardif. Or en l’absence de prise en charge, ces troubles persistent souvent à l’âge adulte et peuvent favoriser l’émergence d’autres pathologies. Comme des troubles de la personnalité.

Peur… d’avaler

Ainsi, certaines phobies simples peuvent devenir pathologiques si elles ne sont pas traitées, car elles impactent le quotidien. C’est le cas de la phobie des vomissements et de celle de la déglutition. Ces dernières ont été observées en consultation hospitalière ou aux urgences pédopsychiatriques. Elles apparaissent souvent après une banale gastro-entérite pour l’une ou après une fausse route pour l’autre.

Résultat, dans ces deux cas, cela entraîne « une restriction des apports alimentaires provoquant, si elle persiste une stagnation pondérale, puis un amaigrissement », prévient le Dr Coline Stordeur, du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Robert Debré à Paris.

L’école, un cadre angoissant ?

Autre situation reconnue comme à risque et plus difficile à diagnostiquer : la phobie scolaire. L’enfant « a peur d’être humilié ou jugé négativement dans des situations de performance ». Cette phobie est fréquente puisqu’elle touche 9% des adolescents. Les symptômes sont variés : « pleurs, colère, retrait, mutisme, évitement… », mais pas forcément faciles à distinguer d’un simple passage difficile à l’école.

Toujours dans le cadre scolaire, l’enfant peut aussi développer un refus scolaire anxieux. Dans ce cas, « il souhaite vivement avoir une fréquentation scolaire régulière et normale mais n’y parvient pas malgré ses efforts en raison d’un ou plusieurs troubles anxieux ». Et notamment celui correspondant à l’anxiété de séparation. Celle-ci désigne une anxiété excessive lorsque l’enfant est séparé de ses principales figures d’attachement. Elle touche 3% à 5% des plus de 3 ans.

Les signes d’alerte

Si vous observez chez votre enfant les symptômes suivants, consultez sans plus attendre :

    Son comportement marque une rupture par rapport à son état antérieur, il se déscolarise, vous voyez apparaître des idées suicidaires…
    (...)

Auteur de l'article original: Dominique Salomon pour Destination Santé
Source: Pédiatrie Pratique, n°281, octobre 2016
Date de publication (dans la source mentionnée): Samedi, 1. Avril 2017
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